Accueil > Numéros > Numéro 03 > Société > Analyse Politique > LA REVISION DE LA CONSTITUTION A L’ORDRE DU JOUR !






LA REVISION DE LA CONSTITUTION A L’ORDRE DU JOUR !

Pour commencer, un extrait d’un article de Roger Gbégnonvi publié dans le journal La Tribune du 20 février 2004.

"ET D’ABORD, SOYONS CLAIRS : on ne peut pas discuter de tout avec tout le monde. Sont donc d’office exclus de la conférence révisionniste les galopins, les loulous et autres hurluberlus qui n’étaient pas encore nés le 26 octobre 1972 quand le malheur a commencé, ou qui faisaient encore tranquillement pipi dans leur caleçon quand ils en avaient un. De la même manière, ne sera convié autour de la table révisionniste aucun saltimbanque prêt à danser, le nombril dénudé, pour avoir part au gâteau maudit de 140 millions de francs CFA.

Que feront les révisionnistes autour de la table ? Tâche importante et primordiale : ils feront sauter la première partie de l’article 2 de la Constitution : « La République du Bénin est une et indivisible... ». Ca ne veut rien dire Et ce n’est pas parce qu’il faut de tout pour faire un monde que le monde doit accepter de vivre en régime d’impunité, gouverné par la bande à Cissé, la bande à Hamani et autres cancrelats de basse fosse et autres chiens perdus sans collier. L’homme ne peut pas vivre éternellement sous le règne de cette ménagerie. L’unité n’autorise pas les mélanges contre-nature. Les révisionnistes auront ensuite à cœur d’adopter très rapidement la nouvelle division du pays que viennent de concocter sept sages pour qu’on en finisse avec les promiscuités indignes, honteuses et dangereuses : Madibaland, plus réduit, ira des Collines à l’océan Atlantique. La Sonacop, la Sonapra et les parcs de transit iront entièrement au Juppeland, le Madibaland ne conservera que le Pac et la Sogéma, pour la simple raison qu’on ne peut pas les déplacer...

Dès qu’ils auront pris acte du dépoussiérage et du partage des sept sages,... Il s’agira pour chaque futur ex-Béninois de choisir librement son nouveau pays d’accueil".

A ces propos de Roger Gbégnonvi, Charles Toko, directeur du groupe de presse "Le Matinal", réagit en ces termes : "Je ne sais pas si je comprends français. Et je n’aurais aucune honte si l’on me disait plus tard que je n’ai rien compris du texte de Gbégnonvi que je viens de lire plus haut. J’aime Gbégnonvi. Je l’adore même. Et je suis prêt à tout pour qu’il dise ce qu’il pense. Mais, je dois l’avouer : cet article que je viens de lire me fait douter de mon appartenance à ce pays...Car, je risque de devenir fou. Fou à lier. Après, je réagirai. J’attends avec impatience. Car, j’ai vraiment peur. Peur d’avoir raison. J’ai peur, très peur même...que Dieu me pardonne. Et qu’il fasse que j’ai tort. C’est tout mon souhait. Je veux avoir tort. Sinon...C’est grave..." (Le Matinal)

Ne pas comprendre français non ! Tu comprends français Charles et ta réaction exprimée et celle à venir sont dignes de tes ascendants qui croyaient franchement en la solidarité nationale... Ta peur est légitime. Le ton de Gbégnonvi était parfaitement adapté à une chronique et reste l’expression d’un intellectuel qui s’indigne devant une situation aberrante, absurde et qui choisit de l’aborder avec humour. Tout comme l’on dirait : « Mieux vaut en rire ! » Mais gardons la tête froide. Bien sûr sans oublier d’être en éveil pour que les réactions soient promptes et efficaces.

Je veux pourtant dire que tout le monde n’est pas intellectuel même si l’on est "diplômitif" ou technocrate. Ne le sont pas, ceux qui, au nom d’on ne sait quel stupéfiant sont prêts à applaudir sans cesse... et bien moins encore, les ‘’politicars ‘’ obnubilés par un destin qu’ils s’utilisent à s’établir avec obstination.

Alors Charles, vois-tu ! Tu ne seras pas seul à avoir peur d’avoir raison !

Comment doit-on comprendre cette frénésie autour de la modification de la Constitution du 11 décembre 1990 ?

1- La République du Bénin à la fin du règne du Sauveur qui, à ses amis, partageait en toute quiétude et en grand festin ‘’la chair des enfants de ce pays ‘’ doit partir et ils estiment à leur façon que le Bénin tombera dans plus de médiocrité avec un autre.

2- Il faut, pour le Bénin, ‘’leur paradis’’. Ce qui montre clairement qu’au delà de l’homme de la situation, le seul homme capable d’un règne de paix, le quartier latin de l’Afrique, un berceau de la démocratie pense-t-on, est incapable d’affronter sa destinée, non, d’échapper au malheureux sort de "berceau d’impunité"... que l’on lui impose très astucieusement.

3- Ou encore, Le Sauveur, se refusant de trouver en ses amis un dauphin, fait brandir le spectre de la catastrophe prochaine et les troubadours entreprennent de conditionner le peuple ! Et pour voiler l’intention première, il faut distraire par autres considérations ou déclamùations qui frisent, ni plus ni moins, la corruption.

Nous de la société civile estimons simplement que notre cher pays, dans l’unité, mérite mieux. Oui ! nous méritons de donner la preuve que ‘’lorsque l’excellence déserte le forum, c’est la médiocrité qui s’installe.’’ Halte donc aux manèges et gesticulations tristes et stupides ! Pensons à rétablir pour notre progéniture, l’espoir d’un destin plus organisé, plus heureux, plus digne.

Analyse de Olivier Akpovi GBAGUIDI


P.S : &²

Site réalisé avec l’appui de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest et développé sous SPIP par le Campus Numérique Francophone de Cotonou